Achats du week end dernier
Florence Delay - Dit Nerval
Un vie bien remplie. Florence Delay a été comédienne (elle était la Jeanne d'Arc de Bresson en 1962), écrivain (elle a publié une vingtaine de livres), traductrice. Seule faute de parcours : elle est à l'académie française. (Ah ah !) J'ai une tendresse particulière pour Nerval. Des années que je n'avais pas rien lu de ou sur lui...
Robert Silverberg - Jusqu'aux portes de la vie
Jay McInerney - Trente ans et des poussières
Yvon Croisier - Serge Gainsbourg - L'avant goût de la mort
Il s'agit de l'adaptation d'une l'émission Le vif du Sujet (très bonne et hélas disparue, comme bon nombre de bonnes émissions de France Culture...)
Johan Heliot - Les fils de l'air
Jean-Pierre Guéno - Paroles de l'ombre
Lettres Et Carnets Des Français Sous L'occupation (1939-1945)
Jean-Loup Chiflet - ...Suites et fins
Dans sa préface, Jean-Loup Chiflet explique son projet : agacé pasrl'idée qu'on écrive une suite à Autant en emporte le vent (tient moi ça m'aurait pas agacé tant que ça), il a décidé d'écrire des suites ou des fins à de grands romans. Sa démarche est ironique. Il n'aime pas l'idée qu'on donne une suite à de grands classiques. Il considère ça comme une violation de sépulture littéraire. Selon moi, ça peut être problématique si l'auteur (c'est le cas de Margaret Mitchell) s'est opposé à un tel projet. Mais si l'auteur est d'accord ? Les suites des aventures de Blake et Mortimer (oui, pour moi c'est un classique) sont loin d'être choquantes. Le projet en soi n'est pas une chose qui me choque, moi. Si les personnages sont assez vivants, je comprends qu'on ait envie de prolonger leur vie et leurs aventures. Je dirais même que c'est presque eux qui demandent qu'on leur offre plusieurs chances. Comment ne pas avoir envie d'imaginer quelle jeunesse ils ont eu ou bien de déterrer un épisode méconnu de leur vie ? Deux exemples, certes venus du cinéma, mais très réussis : la jeunesse de Sherlock Holmes (film de Barry Levinson) et La Vie privée de Sherlock Holmes (de Billy Wilder). Voir aussi les récits apocryphes écrits par René Réouven. Ca marche avec Sherlock Holmes ; ça marche moins avec Les mousquetaires, quand un Paul Féval fils ou un Lucien Pemjean s'en emparent. Ecrire des suites ou des aventures parallèles ne sous-entend pas forcément un manque d'imagination de la part de l'auteur. L'exercice ne me semble pas si évident que cela à réaliser. S'emparer de l'essence du personnage d'un autre auteur, retisser habilement tous les fils qui lui ont donné vie, sa façon de parler, de se comporter, ses qualités, défauts, comment il réagit face à telle situation... retrouver tous ces petits riens qui nous ont fait vibrer en tant que lecteur, bref réussir le tour de force de le remettre sur pieds, me semble être un travail équivalent pour l'écrivain à celui de créer un personnage de toute pièce. Car il risque gros : ceux qui ont aimé l'original ne manqueront pas de lui tomber dessus et de lui demander des comptes. Il risque de décevoir plus de lecteurs que si l'un de ses personnage à lui était raté. N'est pas Frankenstein qui veut.
Julien Burgonde - Icare et la flûte enchantée
Sujet intéressant : Après un accident de train, le narrateur, un médecin du XXe siècle, se retrouve à l'époque de Mozart. Quelques mois avant sa mort. Pourra-t-il sauver Mozart ? Dans un monde d'avant l'invention de la pénicilline ? Roman bien écrit, agréable à lire. Quelques bizarreries me heurtent quand même. On regrette que le narrateur accepte un peu rapidement ce qui lui arrive. Sans se poser (tout de suite du moins) les questions : qu'est-ce qui m'arrive ? Je suis mort ? Je suis passé dans une faille temporelle ? ou quoi ? Il débarque chez Mozart, est accueilli comme un ami de la famille, il avoue d'emblée venir du futur : on s'en étonne à peine ; le premier jour chez Mozart, il se couche, il a changé de siècle et avant de s'endormir il n'a même pas une pensée pour son monde, ses proches, etc. Je ne suis pas pour la logique à tout crin, et prudent avec la maniement de la psychologie, mais dans un roman, un minimum de cohérence est quand même indispensable. On est censé passer un moment avec un être humain, partager ses pensées, la conséquences de ses actes, etc. s'il agit en extraterrestre on est vite dérouté. Je poursuis néanmoins la lecture.
James Ellroy - Tijuana mon amour
Je sais très bien que je ne lirais pas la plupart de ces livres. J'ai donc décidé une chose : lire au moins la première page de chaque livre acheté. Si le bouquin est bien, peut-être aurais-je l'envie de poursuivre tout de suite. En tout cas, il laissera immédiatement (j'espère pour lui) une trace dans un coin de ma tête, et je l'oublierai sans doute moins vite que les autres, une fois rangé sur un rayon de ma bibliothèque.
Je sais qu'un bon livre peut prendre un certain temps avant de vous embarquer. Avant d'atteindre une bonne vitesse de croisière. Mais la première page, c'est un critère sérieux, je trouve. Si un livre ne vous happe pas dès la première page, c'est que l'auteur a raté quelque chose. Quitte a prendre son temps par la suite, à installer des respirations, voire des digressions, il doit dès le départ vous donner l'impression de recevoir un cross à l'estomac, et le souffle coupé, de ne pouvoir faire autrement que de tourner la page pour en savoir plus. L'exemple absolu : les 3 Mousquetaires de Dumas. Je sais, tous les livres ne sont pas des romans d'aventure. Mais c'est leur écriture alors, le style, ou le sujet qui doivent être une aventure pour que la lecture en soit une en retour. Même la première page d'un livre de philo doit vous happer et vous pousser à ne plus lâcher le livre.
Sur cette fournée, les seuls qui m'ont vraiment marqué, et me donnent envie de les lire et vite ce sont : Delay, Ellroy, Burgonde.


