J'aime bien Jean-Philippe Goude, je le suis depuis 1993 et son album De Anima. Séduit à l'époque par ses génériques des émissions de Bernard Rapp. Un siècle d'écrivain en tête. Ici, dans son nouvel album, on retrouve ses mélodies nerveuses, intimistes, chambristes, avec de jolies envolée lyriques. Le contre-ténor Paulin Bündgen au timbre soyeux en diable y a remplacé Gérard Lesne et ajoute une élégance aérienne à certains morceaux..
Les pistes 2,3,4 se réécoutent en boucle. (Market Diktat song !) A noter aussi une très jolie utilisation du crépitement du feu dans le rhytme du morceau Consummation. Les pistes moins intéressantes : 7,8,10,11,15.
Dans l'Homme dévasté, (avec ondes martenots) on entend vers la fin une étonnante lithanie à deux voix (dialogue de sourd, pourrait-on dire) succession de phrases étranges qui pourraient être des petits métiers ou des injonctions traversant un roman de SF mélancolique :
Héradiqueur de doute
Araseur de perspectives
Leurrer les coeurs de cible
Traqueur de silence
Enfouisseur de rêve
S'abstenir des ambelies d'enfance
Miroiteur de profit
Monstreur d'espoir
Videur de contenu
Un très bon Goude !
